12/12/2005

 CHRONOLOGIE DE L'ACTUALITE DU MOIS DE FEVRIER

6 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DECES / EYADEMA / POLITIQUE
Réforme express de la Constitution togolaise pour légaliser M. Eyadéma fils (par Emmanuel GOUJON)
Après l'armée samedi, les parlementaires togolais ont désigné dimanche Faure Gnassingbé, le fils du président défunt Gnassingbé Eyadéma, comme président de l'Assemblée nationale pour qu'il puisse succéder à son père. La réforme de la Constitution, du code électoral, la suspension du président de l'Assemblée nationale et l'élection de M. Gnassingbé à la tête de cette chambre ont pris à peine plus de trois heures aux députés togolais. L'ensemble a été mené de main de maître par le premier vice-président de l'Assemblée, Abass Bonfo, qui a fait voter les propositions de loi portant réforme de la Constitution à main levée aux 67 députés présents, sur 81. L'élection du nouveau président de l'Assemblée nationale, après le vote rapide et unanime de la "censure" de l'ancien, Fambaré Natbacha Ouattara actuellement au Bénin, a davantage profité du folklore parlementaire avec vote à bulletin secret, urne vitrée et décompte devant les caméras de télévisions diffusant en direct. M. Bonfo après une suspension de séance qui a laissé le temps à Faure Gnassingbé d'arriver au Palais des Congrès de Lomé où est située l'Assemblée, a annoncé sa démission de son poste de ministre, ce qui lui permet, grâce au "toilettage" de l'article 203 du code électoral de "retrouver de plein droit ses fonctions de député". 67 voix, sur 67 inscrits, ont désigné Faure Gnassingbé, qui n'avait pas de concurrent, à la tête de la chambre. Sous les applaudissement le nouveau président est monté immédiatement au perchoir, reprenant la direction des débats. Depuis le banc des députés, M. Bonfo a lu la décision de la cour Constitutionnelle qui "constate la vacance de la présidence de la république par décès de son excellence Gnassingbé Eyadéma". Automatiquement, après cette prouesse de droit constitutionnel, Faure Gnassingbé est donc devenu président par intérim de la République togolaise, et doit assumer ces fonctions "jusqu'au terme du mandat de son prédécesseur", selon le texte tout juste amendé de l'article 65 de la Constitution, qui régit la vacance de pouvoir à la tête de l'Etat. Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février alors qu'il allait se faire soigner à l'étranger, avait été élu pour la dernière fois en juin 2003. Son fils doit donc présider aux destinées du Togo jusqu'en 2008. "Sachez aussi que j'entends exercer mon action dans la continuité de l'action menée par mon illustre prédécesseur", a déclaré le nouveau chef de l'Etat, qui doit encore convaincre ses pairs de la légitimité de cette succession.

6 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / POLITIQUE
Togo: le ministre de la Communication récuse l'idée d'un coup d'Etat
Le ministre togolais de la Communication Pitang Tchalla a vivement récusé dimanche soir l'idée qu'un coup d'Etat ait été commis au Togo pour permettre à Faure Gnassingbé, le fils du défunt président togolais Gnassingbé Eyadéma, de lui succéder. "Pourquoi les gens s'acharnent à voir un coup d'Etat là où il n'y a pas de coup d'Etat?", s'est exclamé M. Tchalla, interrogé au téléphone par la chaîne francophone internationale TV5. L'Union africaine (UA) avait dénoncé samedi "un coup d'Etat militaire" au Togo après l'annonce par l'armée de sa décision de "confier" le pouvoir à Faure Gnassingbé. Dans une allusion au président destitué du parlement, Fambaré Natchaba Ouattara, qui n'a pu regagner le territoire togolais après la mort de Gnassingbé Eyadéma et aurait dû lui succéder selon la Constitution, le ministre de la Communication a poursuivi: "Vous voulez qu'on attende combien de temps quand il y a vacance à la tête d'un Etat?". Selon lui, ceux qui parlent de coup d'Etat en ont "peut-être une définition personnelle". Le nouveau président togolais, a-t-il fait valoir, "est un élu du peuple, pas un militaire". "Que ceux qui se disent amis des Togolais puissent nous aider à traverser cette période délicate", a ajouté M. Tchalla, "notre problème, c'est de conserver la paix, la sécurité et l'unité nationale". 

7 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / OPPOSITION
L'opposition togolaise "n'accepte pas" et appelle à "des manifestations"
Le principal opposant togolais, Gilchrist Olympio, a déclaré lundi "qu'il n'acceptait pas" la désignation par les députés de Faure Gnassingbé pour succéder à la présidence à son père décédé, Gnassingbé Eyadéma, et que l'opposition allait organiser "des manifestations". "M. Eyadéma junior n'a pas pris le pouvoir, c'est un groupe de soldats originaires de son village qui a décidé de le nommer président de la République", a-t-il affirmé dans un entretien téléphonique. "Nous n'acceptons pas et d'ailleurs nous allons organiser des manifestations. Nous avons toujours voulu éviter la violence mais maintenant on n'a plus de choix", a poursuivi M. Olympio, qui vit en exil à Paris, à la suite d'une tentative d'assassinat contre lui en 1999 à Lomé. "Ca a déjà commencé petit à petit, ce n'est que le début. Il y aura des manifestations dans Lomé et dans l'intérieur", a-t-il poursuivi. M. Olympio a souligné que "tous les gouvernements européens ont pris des positions, aussi le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, l'Union africaine. J'ai parlé avec le président de la commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, il dit que c'est inacceptable". "On ne veut pas de dictature héréditaire", a-t-il conclu.

7 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA
Le corps du président Eyadéma se trouve dans son village de Pya (nord)
La dépouille du président togolais Gnassinbé Eyadéma, décédé samedi, a été ramené dans son village de Pya, dans le nord du Togo, en attendant qu'un calendrier soit établi pour les obsèques, a indiqué lundi une source gouvernementale. "Le corps du défunt chef de l'État est arrivé à Pya, son village natal. La présidence est en charge de l'organisation des obsèques", a déclaré cette source qui a souhaité garder l'anonymat. "La présidence devrait organiser avec le gouvernement cette semaine une réunion pour organiser le calendrier des obsèques", a-t-il ajouté. 

7 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / FRANCE
La France appelle à "l'organisation rapide" d'élections au Togo
La France a exprimé lundi "sa préoccupation" et a appelé "à l'organisation rapide d'élections libres et démocratiques" au Togo, dans une déclaration du ministère français des Affaires étrangères. "La France exprime sa préoccupation face aux modifications qui s'écartent du processus institutionnel prévu par la Constitution togolaise", a indiqué à la presse une porte-parole du Quai d'Orsay, Marie Masdupuy. Paris "rappelle en particulier l'importance qui s'attache à l'organisation rapide d'élections libres et démocratiques pour mettre un terme à la transition ouverte par la disparition du président Eyadema et donner leur légitimité aux institutions". Selon la porte-parole, une mission de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) doit avoir "aujourd'hui des entretiens à Lomé". "La France tiendra le plus grand compte des résultats de cette mission, en étroite concertation avec l'Union Africaine, les pays de la région et ses partenaires de la communauté internationale", a-t-elle conclu. 

7 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / AFRIQUE / MEDIAS
La presse africaine fustige la succession "monarchique" au Togo
De nombreux journaux africains dénonçaient lundi les conditions de la succession du président Gnassingbé Eyadéma, décédé samedi, et l'attribution du pouvoir au Togo à l'un de ses fils, grâce à une réforme de la Constitution menée au pas de charge. Au Sénégal, les journaux ont pratiquement tous dénoncé "la monarchie héréditaire" au Togo, fustigeant l'intronisation par l'armée puis l'Assemblée nationale de Faure Gnassingbé. Sous le titre "Togo: la présidence par héritage", le quotidien privé Wal Fajiri fustige "l'armée togolaise qui a intronisé le fils d'Eyadéma pour perpétuer une dynastie qui a vu le père au pouvoir pendant 38 ans" et qui "commet un acte grave pour les processus démocratiques en Afrique". Le Soleil (gouvernemental) déplore que "les militaires togolais viennent ainsi de prouver le peu de respect qu'ils ont pour leur Constitution, laquelle, en cas de vacance du pouvoir stipulait que l'intérimaire est le président de l'Assemblée nationale". Le journal se demande si une nouvelle géographie de la succession présidentielle est en train de se dessiner en Afrique. "On pourrait le penser avec l'arrivée aux commandes de Faure Eyadéma, qui après le président du Congo, Joseph Kabila, succède à son père dans ces conditions qui heurtent la conscience de tous les démocrates et ouvrent de larges boulevards à la monarchie héréditaire". Le Quotidien ironise, lui, sur "la loi du plus Faure" et dénonce "une succession de type monarchique", mais estime que "le schéma risque de passer difficilement, car les voix qui se sont élevées de par le monde expriment toute leur désapprobation face à ce procédé d'un autre âge". Même son de cloche dans la presse de la République démocratique du Congo. "Togo: Eyadéma, le baobab est tombé", titre Liberté, un quotidien kinois proche du pouvoir, qui affirme que "le chef d'état-major de l'armée togolaise viole la Constitution" en imposant le fils Eyadéma à la tête du Togo. "Monarchie au Togo!" dénonce aussi en une le journal d'opposition Le Phare, qui estime qu'après "ce coup d'Etat" de l'armée, "l'image de l'Afrique est ramenée à l'âge de la pierre taillée". En Centrafrique, le journal le Citoyen publie une tribune titrée "Togo: la démocratie, l'armée et la forfaiture". Au Kenya, le quotidien The People rappelle dans un éditorial que Gnassingbé Eyadéma a "été le président qui a été au pouvoir le plus longtemps sur le continent africain", mais souligne le tollé provoqué par le passage du pouvoir à son fils. The People rapporte la réaction du président en exercice de l'Union africaine (UA) Olusegun Obasanjo: "ce n'était rien d'autre qu"'un coup d'Etat" et se félicite de la réaction de l'UA "pour déclarer avec fermeté qu'elle ne reconnaîtrait pas un chef d'Etat qui ne serait pas constitutionnellement mandaté pour prendre ses fonctions". Le journal déplore également que l'action des militaires togolais constitue "un grand recul par rapport aux efforts actuellement menés pour faire progresser l'intégration politique et économique du continent". Au Nigeria, le journal The Guardian souligne que "Obasanjo et les dirigeants mondiaux rejettent le fils d'Eyadéma comme nouveau dirigeant", tandis que Vanguard souligne que "l'UE et l'UA menacent et mettent la pression sur le Togo".

7 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / OPPOSITION
300 Togolais réclament des élections libres devant leur ambassade à Paris
Environ 300 Togolais ont manifesté lundi soir devant l'ambassade du Togo à Paris pour réclamer "des élections libres" et dénoncer "la dictature héréditaire" dans leur pays. Les manifestants, réunis à l'appel du Comité togolais de résistance (CTR) et tenus à distance de l'ambassade par un cordon de gendarmes mobiles, ont notamment scandé :"Libérez le Togo", "Trop, c'est trop" et "Chirac complice". "Le peuple a droit à la paix, et on veut une alternance, une démocratie réelle", a déclaré l'un des manifestants, Félani Ahyi, qui expliquait: "J'ai 39 ans, j'ai pratiquement subi toute ma vie la dictature d'Eyadéma". Les manifestants ont également entonné l'hymne national. "Eyadéma, non seulement nous a privé de liberté, mais il a appauvri le pays. Vous allez dans un hôpital, il n'y a même pas de coton!", s'exclamait une jeune femme. "Il faut que la communauté internationale nous aide à organiser des élections libres et transparentes", a-t-elle ajouté, affirmant qu'elle avait dû fuir son pays au début des années 1990 "à cause de la répression politique". 

7 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / POLITIQUE
Le gouvernement togolais interdit toute manifestation pendant deux mois
Le gouvernement togolais a interdit lundi toute manifestation de rue pour une période de deux mois, justifiant cette mesure par le "deuil national" décrété suite au décès samedi du président Gnassingbé Eyadéma, a-t-on appris de source officielle. "Le peuple togolais est en deuil depuis le 5 février, ceci pour une durée de deux mois", indique un bref communiqué signé du ministre de l'Intérieur, Akila Esso Boko. "Pendant la durée de ce deuil national, le ministère de l'Intérieur appelle toute la population au calme, et l'invite à un recueillement dans la sérénité", déclare le texte, lu en début d'après-midi à la radio nationale. "Ainsi, toute manifestation publique durant cette période est interdite", souligne le communiqué.

7 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / ONU
Kofi Annan appelle au respect de l'état de droit au Togo
Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a exprimé lundi sa préoccupation devant la manière dont le pouvoir au Togo a été transféré au fils du président Gnassingbé Eyadema après la mort de celui-ci et a appelé au respect de l'état de droit. "Le secrétaire général est préoccupé du fait que le transfert du pouvoir qui s'est produit au Togo, après la mort du président Eyadema, ne s'est pas fait dans le plein respect des dispositions de la Constitution", a déclaré le porte-parole de M. Annan, Fred Eckhard, dans un communiqué. "Le secrétaire général réaffirme que la constitutionnalité et le respect de l'état de droit sont indispensables", ajoute le communiqué. 

7 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / UA
Situation au Togo: l'UA déterminée à "imposer des sanctions"
L'Union africaine (UA) a affirmé lundi sa "détermination à imposer des sanctions" contre le Togo si "la légalité constitutionnelle" n'est pas rapidement rétablie dans ce pays après le décès du président Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir depuis 1967. Dans un communiqué, le Conseil de paix et de sécurité de l'UA "affirme sa détermination à imposer des sanctions, prévues en cas de changement anticonstitutionnel, faute d'une action rapide de la part des autorités de fait pour assurer le rétablissement de la légalité constitutionnelle". Le Conseil de paix et de sécurité est l'organe exécutif de l'organisation panafricaine. Il s'est réuni lundi, au niveau des ambassadeurs, au siège de l'UA, à Addis Abeba. Le président de la Commission de l'UA Alpha Oumar Konaré avait très vite, samedi soir, dénoncé un "coup d'Etat militaire" au Togo. Le communiqué ne précise par quels types de sanctions l'UA pourrait décider contre le Togo. Mais, selon l'acte constitutif de l'organisation, il pourrait s'agir de la "suspension de la participation du pays à l'UA, la suspension des relations commerciales entre le Togo et les autres membres, et la suspension des visas". Dans ce même communiqué, l'UA "condamne fermement la manière dont les autorités togolaises de fait ont organisé la succession au Togo à la suite du décès du président Gnassingbé Eyadéma, qui constitue une violation flagrante et inacceptable de la Constitution togolaise". Elle "condamne également fermement la révision de la Constitution togolaise à laquelle ont procédé les autorités de fait en violation des dispositions pertinentes de la Constitution togolaise". Et elle "invite les Nations unies, l'Union européenne, les partenaires bilatéraux de l'UA, la communauté internationale dans son ensemble à soutenir fermement la position de l'UA sur la situation qui prévaut au Togo". L'organisation "demande instamment aux autorités togolaise de fait de se conformer scrupuleusement aux dispositions de la Constitution togolaise et exige des forces armées togolaises qu'elles s'abstiennent de toutes interférences dans la vie politique du pays et se conforment aux dispositions pertinentes de la Constitution togolaise". Elle "encourage le président de la Commission (de l'UA, Alpha Oumar Konaré) à maintenir un contact étroit avec la CEDEAO", la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, qui tient un sommet extraordinaire mercredi à Niamey sur la crise togolaise. L'UA souligne qu'il faut rechercher "une réponse cohérente au changement anticonstitutionnel intervenu au Togo".

7 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / OPPOSITION
L'opposition togolaise appelle à deux journées "Togo pays mort" 
L'opposition togolaise a appelé la population togolaise à suivre mardi et mercredi un mot d'ordre de "Togo pays mort" pour "manifester son refus du coup d'Etat militaire" dans ce pays, selon un communiqué. Les six organisations signataires du texte, tout en présentant "leurs condoléances à la famille" du président Gnassingbé Eyadéma, décédé samedi, "demandent le rétablissement immédiat de la légalité constitutionnelle". Le communiqué est signé du Comité d'action pour le renouveau (CAR) de l'opposant Yawovi Agboyibo, l'Union des forces du changement (UFC, de Gilchrist Olympio), la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), l'Alliance pour la démocratie et le développement intégral (ADDI), le Pacte social pour le renouveau (PSR) et l'Union pour la démocratie et la solidarité (UDS). Ces organisations "lancent un appel solennel à l'ensemble des populations des villes et des campagnes pour qu'elles observent sur toute l'étendue du territoire national deux journées +Togo pays mort+, en restant chez elles mardi et mercredi", poursuit le communiqué. Ceci afin "de manifester leur refus du coup d'Etat militaire que le régime RPT (Rassemblement du peuple togolais, au pouvoir) tente de maquiller par des manœuvres totalement anticonstitutionnelles", poursuit le texte. Les organisations signataires expriment "leur reconnaissance à la communauté internationale, notamment à la CEDEAO, la Francophonie, l'Union africaine, l'Union européenne et la France pour leurs prises de positions fermes en faveur du rétablissement de la légalité constitutionnelle" Ces six partis de l'opposition togolaise, qui appartiennent à la fois à l'opposition traditionnelle et active à Lomé, ainsi qu'à l'opposition en exil, "lancent un appel pressant à l'ensemble de la classe politique togolaise pour une concertation dans les meilleurs délais dans le but d'organiser une période transitoire". Elles rappellent que l'article 144 de la Constitution "stipule clairement qu'aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuive en période d'intérim ou de vacance" du pouvoir. "D'autres mesures seront annoncées incessamment, soyez à l'écoute", conclut le texte.

 

7 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / POLITIQUE
Le fils d'Eyadéma prête serment après une succession vivement contestée
Faure Gnassingbé, fils du président Gnassingbé Eyadéma, a prêté serment lundi comme président du Togo après avoir été désigné par l'armée, choix avalisé à la hâte grâce à une modification constitutionnelle, alors que l'opposition dénonçait la création d'une "dictature héréditaire". La communauté internationale, qui avait appelé au respect de la procédure constitutionnelle prévoyant l'intérim du président de l'Assemblée et une élection présidentielle dans les 60 jours, semblait prise de court par la "légalisation" express organisée pour faire avaliser par le parlement un choix annoncé par l'armée dans les deux heures ayant suivi l'annonce du décès. En dépit de multiples pressions internationales, Faure Gnassingbé a été élu dimanche soir président de l'Assemblée nationale togolaise, après modification de la Constitution par les députés pour lui permettre de succéder légalement à son père et d'achever son mandat, ce qui le désigne à la tête de l'Etat jusqu'en 2008. La France a exprimé lundi "sa préoccupation face aux modifications qui s'écartent du processus institutionnel prévu par la Constitution" et a appelé "à l'organisation rapide d'élections libres et démocratiques". En visite au Niger, le ministre français délégué à la Coopération et au développement, Xavier Darcos, a réitéré la position française, réclamant que le Togo "retrouve la voie de la légalité". L'Union africaine, qui avait par avance dénoncé dans la désignation de Faure Gnassingbé un "coup d'Etat", a réaffirmé elle aussi sa ferme condamnation, se disant cette fois déterminée à "imposer des sanctions" contre le Togo. L'Union européenne a dit soutenir la position de l'UA. La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) a annoncé lundi un sommet extraordinaire mercredi à Niamey et une délégation de l'organisation régionale a été reçue par Faure Gnassingbé à qui elle a exprimé "la préoccupation des chefs d'Etats de la CEDEAO quant à la perpétuation de la stabilité, de la sécurité et de la paix en République togolaise". La délégation a quitté Lomé avant la cérémonie de prestation de serment, également boycottée par les ambassadeurs occidentaux et la plupart des africains, à l'exception de ceux de Libye, du Ghana, de la République démocratique du Congo (RDC) et d'une délégation ivoirienne. La délégation de la CEDEAO est arrivée dans la soirée à Niamey pour rendre compte de sa mission au président nigérien Mamadou Tandja, président en exercice de l'organisation, selon une source diplomatique ouest-africaine. Le nouveau président togolais a prêté serment devant les membres du gouvernement, les députés et des officiers supérieurs de l'armée. "Devant Dieu et devant le peuple togolais, seul détenteur de la souveraineté populaire, nous, Gnassingbé Faure, investi des charges de président de la République conformément aux lois de la République, jurons solennellement de respecter et de défendre la Constitution que le peuple s'est librement donnée et de remplir loyalement les hautes fonctions que la nation nous a confiées", a-t-il déclaré. Il s'est également engagé à "préserver l'intégrité du territoire national" et à se conduire "en tout en fidèle et loyal serviteur du peuple" Une minute de silence a été observée avant la cérémonie en hommage à Gnassingbé Eyadéma, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1967. Son régime a été régulièrement dénoncé pour des violations de droits de l'Homme pendant son long règne sans partage de 38 ans sur ce petit pays d'Afrique de l'ouest de 4,8 millions d'habitants. Le principal opposant togolais, Gilchrist Olympio, exilé en France, a déclaré qu'il n'acceptait pas cette succession et a appelé à "des manifestations". "M. Eyadéma junior n'a pas pris le pouvoir, c'est un groupe de soldats originaires de son village qui a décidé de le nommer président de la République. On ne veut pas de dictature héréditaire", a-t-il dit. Six organisations d'opposition, dont le Comité d'action pour le renouveau (CAR) de l'opposant Yawovi Agboyibo et l'Union des forces du changement (UFC, de M. Olympio), ont appelé la population à suivre mardi et mercredi un mot d'ordre de "Togo pays mort" pour "manifester son refus du coup d'Etat militaire". Par la voix de son ministre de l'Intérieur, Akila Esso Boko, le gouvernement a réagi en avertissant que les forces de sécurité togolaises seraient "particulièrement vigilantes" dans les jours à venir. "Un dispositif sera mis en place pour rassurer les uns et les autres et pour que la population ne cède pas aux intimidations", a-t-il prévenu. Il a appelé "la population au calme" et souhaité une "trêve politique de l'opposition" alors que le Togo est "en deuil". Le gouvernement a interdit toute manifestation de rue pour une période de deux mois -- durée du deuil national --, mais a ordonné la réouverture des frontière du pays.

8 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / CANADA
Le Canada appelle à des élections "dans les meilleurs délais" au Togo
Le Canada a exprimé lundi sa "vive préoccupation" et appelé à l'organisation d'élections libres "dans les meilleurs délais" au Togo, où le fils du président a succédé à son père, décédé samedi, grâce à "un coup porté à la Constitution togolaise". "Nous nous inquiétons des modifications de la constitution visant à légaliser le +coup d'État militaire+ comme l'a qualifié le président de la Commission de l'Union Africaine, Alpha Oumar Konaré", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Pierre Pettigrew, cité dans un communiqué. "Nous encourageons les autorités togolaises à s'engager résolument sur la voie de la démocratie et de la bonne gouvernance, et à tenir des élections libres et transparentes dans les meilleurs délais, pour le bien-être du peuple togolais", a-t-il ajouté. Le Canada affirme "suivre la situation de près", de concert notamment avec l'Union africaine, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, l'Union européenne et l'Organisation internationale de la Francophonie.

8 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / FRANCE / MEDIAS
Visa refusé pour l'envoyé spécial de RFI au Togo, diffusion de la radio coupée
L'envoyé spécial de Radio France Internationale (RFI) au Togo s'est vu refuser le visa qu'il avait sollicité pour entrer dans ce pays et les émetteurs de RFI au Togo ont été coupés. Le visa a été refusé au journaliste de RFI à la frontière Togo-Bénin, où il s'est présenté mardi matin. Ce porte-parole a précisé que RFI "s'étonnait" de cette décision, alors que des journalistes représentant d'autres médias français avaient obtenu l'autorisation de se rendre dans le pays. Par ailleurs, les deux émetteurs de RFI au Togo ont été coupés, a précisé la radio, qui dispose au Togo d'un correspondant permanent local. Le ministre de la Communication, Pittang Tchalla, a affirmé qu'il s'agissait "d'une panne technique", mais selon une source proche du gouvernement et qui a requis l'anonymat, "il s'agit d'une décision gouvernementale, compte tenu du ton adopté par cette radio", alors que "les autorités avaient déjà indexé certains médias internationaux, notamment RFI". Lundi, au cours d'une brève conférence de presse, M. Tchalla avait dénoncé les "appels à la révolte et à la déstabilisation" diffusés par "certains médias internationaux". M. Tchalla s'en était pris plus particulièrement à RFI, qu'il accusait de "vouloir mettre le feu au Togo".

8 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DROITS DE L'HOMME
La Ligue togolaise des Droits de l'Homme "condamne" la situation au Togo
La Ligue Togolaise des droits de l'Homme (LTDH, proche des milieux d'opposition) "condamne vigoureusement la dictature héréditaire" au Togo où le fils du président défunt Gnassingbé Eyadéma, Faure Gnassingbé, a prêté serment en succédant à son père décédé samedi, souligne un communiqué. Dans une déclaration, la LTDH "condamne vigoureusement la dictature héréditaire, le choix des forces armées togolaises porté sur Faure Gnassingbé comme successeur du président de la République défunt". Pour Ayayi Apedo-Amah, secrétaire général de la LTDH, "c'est cette succession monarchique héréditaire que nous dénonçons comme anticonstitutionnelle. Le Togo n'est pas la propriété privée du clan Eyadéma". La LTDH demande "à la classe politique, toutes tendances confondues, de s'entendre et de s'unir autour d'un projet de transition pacifique et consensuel devant déboucher dans les plus brefs délais sur une élection présidentielle" et qui "garantisse le respect des droits de l'Homme, des libertés fondamentales, la sécurité et les intérêts supérieurs du peuple togolais". Dans sa déclaration, la LTDH demande aussi "à la communauté internationale et aux partenaires au développement d'accompagner sans hypocrisie le peuple togolais au cours de cette période décisive vers une démocratie sans heurt et un épanouissement durable".

9 FÉVRIER 2005 -  UE / TOGO / EYADEMA
L'UE condamne "un coup d'Etat" au Togo
L'Union européenne "considère comme un coup d'Etat" la désignation de Faure Gnassingbé pour succéder à la présidence du Togo à son père Gnassingbé Eyadéma et appelle à "une transition pacifique vers un régime démocratique", a indiqué la présidence luxembourgeoise de l'UE mercredi. "L'UE condamne toute violation des dispositions constitutionnelles régissant l'intérim du pouvoir, qu'elle considère comme un coup d'Etat", a déclaré la présidence, en présentant dans le même communiqué "ses sincères condoléances à la famille du Président Eyadéma et au peuple togolais". L'UE appelle "tous les responsables politiques et les institutions de l'Etat à oeuvrer en vue d'une transition pacifique vers un régime démocratique", a réaffirmé le Luxembourg. "Elle suit avec préoccupation l'évolution de la situation politique au Togo et se rallie aux déclarations faites par les Nations unies, l'Union africaine et la CEDEAO appelant au respect du processus démocratique", ajoute le communiqué. L'Union africaine avait affirmé lundi sa "détermination à imposer des sanctions" contre le Togo si "la légalité constitutionnelle" n'est pas rapidement rétablie dans ce pays.

9 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / OIF
La Francophonie suspend la participation du Togo de ses instances
L'Organisation internationale de la francophonie (OIF) a décidé la suspension de la participation du Togo à ses instances ainsi que celle de la coopération multilatérale avec ce pays, a annoncé mercredi l'organisation. Le Conseil Permanent de la Francophonie réuni mercredi à Paris en session extraordinaire "prononce la suspension de la participation des représentants du Togo aux instances de l'Organisation internationale de la francophonie et la suspension de la coopération multilatérale francophone, à l'exception des programmes bénéficiant directement aux populations civiles et de ceux qui peuvent concourir au rétablissement de la démocratie", a indiqué l'OIF dans un communiqué. La Francophonie "condamne avec la plus grande fermeté le coup d'Etat perpétré par les forces armées togolaises et les violations caractérisées et répétées de toutes les dispositions constitutionnelles en vigueur, au mépris absolu des principes de l'Etat de droit". Ces décisions sont prises en raison de "la distorsion ainsi marquée avec les engagements souscrits au titre de la déclaration de Bamako sur le respect des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l'espace francophone". Le Conseil permanent de la francophonie a décidé de demeurer saisi de cette situation jusqu'à sa prochaine session ordinaire, le 8 avril 2005, et donne mandat au Secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, "de prendre toutes les mesures appropriées pour l'application de la présente résolution, notamment par l'envoi d'un émissaire chargé de transmettre la teneur des dispositions qui précèdent et de lui faire rapport sur l'évolution de la situation". Depuis la déclaration de Bamako, adoptée en novembre 2000, c'est la première fois que l'OIF décide de suspendre la participation des représentants d'un pays, indique-t-on à l'OIF.

9 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / POLITIQUE
L'opposition juge "prématurée" une reprise du dialogue avec le gouvernement
Deux partis de l'opposition traditionnelle au Togo ont jugé "prématurée" une reprise du dialogue national avec le gouvernement comme l'a proposé mercredi le président togolais Faure Gnassingbé dans sa première adresse à la nation. Le président du Comité d'action pour le renouveau (CAR), l'avocat Yawovi Agboyibo, a déclaré que "dans la mesure où la contestation suscitée par sa proclamation comme président n'est pas réglée, il est prématuré de porter un jugement sur son discours programme". "Nous réitérons en effet que les conditions dans lesquelles il a été désigné sont inacceptables parce que contraires à la Constitution", a-t-il ajouté. De son côté, le secrétaire général de l'Union des Forces de Changement (UFC, de Gilchrist Olympio, en exil), Jean-Pierre Fabre a souligné qu'"avant de retourner au dialogue, il faut retourner à la légalité constitutionnelle. Pour nous tout est lié". Le nouveau président togolais Faure Gnassingbé a indiqué mercredi dans un discours à la nation diffusé sur les médias nationaux qu'il avait "demandé au gouvernement de poursuivre le dialogue politique avec l'opposition dans un esprit nouveau".

9 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / POLITIQUE
Togo: Faure Gnassingbé souhaite des élections libres "le plus tôt possible"
Le nouveau président togolais Faure Gnassingbé a souhaité mercredi "l'organisation le plus tôt possible d'élections libres et transparentes" au Togo, dans un discours à la nation diffusé sur les médias nationaux. "Nous souhaitons que les discussions engagées en vue de la révision du cadre électoral sur la base d'un consensus, débouchent sur l'organisation le plus tôt possible d'élections libres et transparentes, qui reflètent la volonté du peuple, comme l'avait déjà indiqué le père de la nation", a déclaré M. Faure Gnassingbé. "Vous savez que suite à la disparition soudaine du président Eyadéma, nous avons été choisi dans l'urgence", a-t-il rappelé. C'est la première fois que Faure Gnassingbé, qui a prêté serment lundi comme président du Togo et dont le discours était diffusé à la radio et à la télévision nationales, s'exprimait publiquement. "Le président Eyadéma a souvent exprimé le désir profond d'une véritable réconciliation générale. C'est dans cet esprit que des mesures concrètes seront prises dans un proche avenir", a assuré le nouveau dirigeant du pays. "Les 22 engagements souscrits le 14 avril 2004 à Bruxelles demeurent notre ligne de conduite fondamentale", a-t-il indiqué. "Notre porte reste toujours ouverte à tous les Togolais, particulièrement aux leaders des partis politiques afin qu'ensemble nous construisions notre pays", a affirmé M. Gnassingbé, s'engageant "à entreprendre rapidement toutes les actions susceptibles de favoriser la participation de tous à la gestion des affaires de la cité". "De même, nous poursuivons l'effort de promotion des droits de l'Homme, de la bonne gouvernance et de l'Etat de droit, réaffirmés dans les principes démocratiques de l'Union africaine et de la CEDEAO", a-t-il ajouté. "Nous mettrons tout en oeuvre pour le rétablissement de bonnes relations entre notre pays et la communauté internationale, notamment l'Union européenne et les institutions financières internationales", a encore déclaré le fils du général Eyadéma. "Pour parvenir à tous ces résultats, nous comptons d'abord sur la jeunesse togolaise. Nous comptons sur toutes les couches socio-professionnelles et économiques du pays, particulièrement sur les forces armées et de sécurité togolaises, qui doivent continuer à garantir la paix et la sécurité nécessaires à la réalisation de nos ambitions", a-t-il souligné. "Nous souhaitons aussi que toutes les filles et tous les fils du Togo qui ont choisi de vivre à l'extérieur sachent que le Togo demeure leur pays et sont libres d'y revenir quand ils le souhaitent", a assuré M. Gnassingbé. "Une phase nouvelle de notre vie nationale s'ouvre. Nous devons la vivre dans la paix et dans la sérénité", a-t-il conclu.

 



11:05 Écrit par K. Kpadja | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.