21/11/2005

CHRONOLIGIE DES EVENEMENTS DU MOIS DE FEVRIER 2005

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES
Le président togolais Gnassingbé Eyadéma est mort (officiel)
Le président togolais Gnassingbé Eyadéma est mort samedi matin alors qu'il était évacué du pays pour recevoir des soins, a annoncé samedi soir le gouvernement togolais dans un communiqué. "Le Togo vient d'être frappé par un grand malheur. Il s'agit d'une véritable catastrophe nationale. Le président n'est plus", indique le texte. "Il a rendu l'âme ce samedi matin 5 février alors qu'il était évacué d'urgence pour des soins à l'extérieur du pays", précise le texte. "Ce deuil cruel dont est victime notre pays à une période de notre vie commune doit nous inciter à préserver la paix et l'unité nationale qui sont nous atouts les plus précieux", poursuit le communiqué. Le peuple togolais "dans toutes ses composantes politiques, sociales, religieuses et traditionelles, doit éviter de sombrer à nouveu dans le chaos, la division et l'anarchie". "Le gouvernement, les forces armées et de sécurité, veilleront à ce que l'ordre, la sécurité et la paix règnent sur toute l'étendue du territoire national", assure le communiqué. Ce texte a été lu à 19H00 locales et GMT à la radio nationale par le Premier ministre Kofi Sama.

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES
Décès du président Eyadéma: le Togo ferme ses frontières
Le gouvernement togolais a ordonné samedi soir le bouclage immédiat des "frontières terrestres, maritimes et aériennes" du pays suite à la mort du président togolais Gnassingbé Eyadéma, a-t-on appris de source officielle.

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES / PORTRAIT
Gnassingbé Eyadéma, 38 ans années à la tête du Togo (Portrait)
"Dinosaure" d'une Afrique des dictatures selon les uns, rempart de stabilité face à des "opposants irresponsables" pour les autres, Gnassingbé Eyadéma est décédé samedi à 69 ans, dont 38 passés à la tête du Togo. Doyen des chefs d'Etat africains en exercice, l'homme aux éternelles lunettes noires avait pris le pouvoir en janvier 1967 à l'occasion d'un coup de force et avait été réélu pour la dernière fois en juin 2003. Il aurait dû constitutionnellement passer la main cette année là, mais un opportun remaniement de la Constitution à quelques mois de l'élection présidentielle lui avait finalement rouvert les portes de Lomé 2, le siège de la présidence, pour un troisième quinquennat. Confronté aux critiques internes et étrangères sur la bonne gouvernance, les droits de l'Homme et la pratique démocratique, le massif général Eyadéma restait imperturbable. Il dénonçait régulièrement l'"injustice" des ONG internationales qui accusaient tout aussi souvent son régime de violations des droits de l'Homme, les accusant de mener des "campagnes de dénigrement". Il vantait en retour la démocratie "à la togolaise", fondée sur "la sécurité et la paix". Gnassingbé Eyadéma est né dans une famille paysanne le 26 décembre 1935 à Pya, un village du pays Kabyé, dans le nord du pays. Champion de lutte traditionnelle, il s'engage dans l'armée française: Bénin, Indochine, Algérie, Niger. Le sergent-chef Eyadéma rentre au pays en 1962, deux ans après l'indépendance. Son histoire personnelle commence alors à se confondre avec celle de cette ancienne colonie allemande. En témoigne la toponymie de Lomé, où de nombreuses avenues ou bâtiments ont été baptisés de noms ou de dates associés à des événements de sa vie. En janvier 1963, il participe au renversement du premier président du Togo indépendant, Sylvanus Olympio, tué et remplacé par Nicolas Grunitsky. Chef d'état-major en 1965, Eyadéma prend le pouvoir le 13 janvier 1967. Le 15 avril il est président de la République, chef du gouvernement et ministre de la Défense. Au cours des décennies à la tête du pays, le "Patron" (un de ses surnoms) échappe à au moins sept complots et tentatives d'attentats. Il garde comme une relique dans un coffret vitré un petit bloc-notes où s'est fiché une balle qui lui était destinée. Après la chute du mur de Berlin et le discours de La Baule du président français François Mitterrand sur la démocratisation et la bonne gouvernance en Afrique, il accepte bon gré mal gré fin octobre 1990 un "multipartisme discipliné et contrôlé". S'en suivront grèves et affrontements, puis une "conférence nationale" qui lui imposera un Premier ministre. Cette transition se termine brutalement en décembre 1991 avec les chars dans Lomé, qui tirent sur les bureaux du chef du gouvernement. Le chef de l'Etat reprend alors les rênes. Aidé par les divisions des opposants, qu'il sait lui-même aviver, il est réélu en 1993 et 1998 lors d'élections dont la régularité est contestée par l'opposition, dont certains partis boycottent les scrutins. En juillet 1999, pouvoir et opposition signent des accords pour tenter de sortir de dix ans de crise, et décident de la tenue d'élections législatives. Après plusieurs reports, elles ont finalement lieu fin 2002 et consacrent, sans surprise, la suprématie du Rassemblement du Peuple Togolais, le RPT fondé par le président Eyadéma. Etranglé économiquement après que l'Union européenne ait interrompu son aide en 1993 suite aux violences ayant émaillé le processus politique, le général Eyadéma avait récemment repris le dialogue avec l'opposition et annoncé la tenue de législatives en mars ou avril prochain. Suite à ces engagements, l'UE avait décidé en novembre de normaliser partiellement ses relations Lomé.

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES / PORTRAIT / CHRONOLOGIE
Les grandes dates depuis l'arrivée au pouvoir de Gnassingbé Eyadéma
Voici les grandes dates du Togo depuis l'arrivée au pouvoir du président Gnassingbé Eyadéma en 1967:
- 13 jan 1967: Le lieutenant-colonel Gnassingbé Eyadéma, chef d'état-major, accède au pouvoir, après avoir renversé le président Nicolas Grunitzky, qu'il avait contribué à mettre en place en 1963 à l'issue d'un premier coup d'Etat. En avril, il devient officiellement chef de l'Etat.
- 9 jan 1972: Le général Eyadéma est confirmé dans ses fonctions.
- 13 jan 1980: Proclamation de la IIIe République.
- 24 sept 1986: Attaque d'un commando à Lomé, venu du Ghana selon les autorités togolaises. Celles-ci mettent en cause le Ghana et le Burkina Faso, qui démentent. A la demande du président Eyadéma et en vertu des accords militaires franco-togolais, des soldats français débarquent à Lomé.
- 5 oct 1990: Début de violences politiques, après la dispersion par l'armée d'une manifestation de soutien à de jeunes opposants. Les troubles politiques et sociaux au début des années 1990 ont fait plusieurs centaines de morts.
- 8 juil-28 août 1991: Une conférence nationale met au banc des accusés le régime du président Eyadéma, dénonçant tortures et assassinats. Elle opte pour un régime semi-présidentiel et institue un Haut conseil de la République (HCR). Mais après une période de transition, le général Eyadéma, soutenu par l'armée, reprendra progressivement toutes ses prérogatives de chef de l'Etat.
- 27 sept 1992: Adoption d'une nouvelle Constitution.
- 16 nov 1992: Début d'une grève générale de plusieurs mois pour obtenir la neutralité politique de l'armée.
- 25 jan 1993: La police tire sur une manifestation de l'opposition à Lomé: au moins 16 morts (sources médicales), plus de 50 selon l'opposition. La Communauté européenne suspend sa coopération. 
- 25 mars 1993: Le général Eyadéma échappe à une attaque lancée contre sa résidence officielle. Il avait déjà été l'objet de plusieurs tentatives d'attentats ou de complots.
- 21 juin 1998: Il est réélu lors d'un scrutin contesté par l'opposition, qui revendique la victoire pour le candidat de l'Union des forces de changement (UFC) Gilchrist Olympio.
- 21 mars 1999: Le Rassemblement du peuple togolais (RPT) du président Eyadéma remporte la quasi-totalité des sièges du Parlement lors de législatives boycottées par l'opposition. 
- 5 mai 1999: Amnesty International affirme, dans un rapport intitulé "Le règne de la terreur", que des centaines de personnes ont été exécutées extra-judiciairement et leurs corps jetés à la mer, après la proclamation des résultats de l'élection de 1998. Lomé rejette les accusations. 
- 10-12 juil 1999: 36ème sommet des chefs d'Etat de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) à Lomé, qui signent l'acte constitutif de l'Union africaine (UA). 
- 23 juil 1999: Le président Eyadéma s'engage à quitter le pouvoir en 2003 à la fin de son mandat. 
- 29 juil 1999: La mouvance présidentielle et l'opposition signent l'Accord-cadre de Lomé pour tenter de résoudre la crise politique. Mais le suivi du dialogue connaîtra de nombreuses pannes.
- 13 jan 2001: Le Ghana affirme qu'il ne tolérera plus que son territoire soit utilisé pour mener des attaques contre le Togo. Ce pays a accusé à de nombreuses reprises le Ghana d'avoir servi de base à des attaques armées contre son territoire.
- 8 fév 2002: Le Parlement procède à la modification du code électoral, déclenchant la colère de l'opposition. 
- 27 juin 2002: Le Premier ministre Agbéyomé Kodjo est démis de ses fonctions. M. Kodjo, qui affirme avoir pris la décision de démissionner, se lance dans une diatribe d'une rare violence contre le chef de l'Etat et son régime. 
- 27 oct 2002: Législatives anticipées boudées par les principaux partis d'opposition dits "traditionnels". Le scrutin était prévu depuis trois ans et reporté deux fois. Le RPT confirme sa suprématie à l'Assemblée.
- 30 déc 2002: Le Parlement modifie l'article 59 de la Constitution qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels, ouvrant la voie à une nouvelle candidature d'Eyadéma.
- 2 mai 2003: La candidature de l'opposant Gilchrist Olympio à la présidentielle n'est pas retenue par la Commission électorale pour cause de "dossier incomplet". Le 21, Gilchrist Olympio dénonce "le coup d'Etat permanent" du chef de l'Etat. 
- 1er juin 2003: Le président Eyadéma est réélu pour un troisième mandat de cinq ans avec 57,78% des voix lors d'un scrutin dont les résultats sont contestés par plusieurs dirigeants d'opposition. Le 20, il prête serment devant sept chefs d'Etat africains.
- 5 fév 2005 : Le président Eyadéma est mort samedi matin alors qu'il était évacué du pays pour recevoir des soins.

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES / FRANCE
Le président Chirac regrette la disparition d'Eyadéma, un "ami de la France"
Le président français Jacques Chirac a présenté ses condoléances à la famille du président togolais Gnassingbé Eyadéma, mort samedi alors qu'il était évacué du pays pour recevoir des soins, disant regretter la disparition "d'un ami de la France", indique un communiqué de l'Elysée. "C'est avec une profonde tristesse que j'apprends le décès soudain de Gnassingbé Eyadéma, président de la République du Togo", a déclaré M. Chirac, cité dans le communiqué. "Avec lui disparaît un ami de la France qui était pour moi un ami personnel. Dans ces heures douloureuses, j'adresse à sa famille mes très sincères condoléances", a ajouté le président français. "Mes pensées se tournent vers le peuple togolais. Il se trouvera, j'en suis sûr, démocratiquement rassemblé dans cette épreuve qui intervient au moment même où des perspectives nouvelles se faisaient jour pour le Togo", a poursuivi le président Chirac. "Je suis certain que l'Afrique ressent cruellement la perte de celui qui, depuis tant d'années, consacrait ses efforts à la coopération régionale, à la médiation et à la recherche de la paix", a conclu le chef de l'Etat français.

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES / OPPOSITION
Le principal opposant souhaite que la mort d'Eyadéma permette la démocratie
Le principal opposant au président togolais Gnassingbé Eyadéma, Gilchrist Olympio, a souhaité que la mort samedi du chef de l'Etat permette que le "Togo se mette sur le chemin de la démocratie". "Je souhaite des élections transparentes et libres dans les deux, trois prochains mois", a-t-il ajouté. Gilchrist Olympio, qui vit en exil depuis une tentative d'assassinat contre lui en 1992, a l'intention de se rendre au Togo "après en avoir parlé avec son parti", l'Union des forces du changement (UFC). "J'ai toujours mené une opposition à un régime politique même s'il a asssassiné mon père", a ajouté M. Olympio. En janvier 1963, Eyadéma avait participé activement au renversement du premier président Sylvanus Olympio, le père de Gilchrist. L'opposant a également déclaré qu'il souhaitait que les engagements démocratiques pris par le Togo vis à vis de l'Union européenne, qui avait suspendu ses aides en 1992 en raison de la répression de l'opposition, "soient mis en oeuvre". Des élections législatives étaient notamment prévues pour le premier semestre 2005.

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES / UA
Togo: l'Union africaine dénonce "un coup d'Etat militaire"
Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a dénoncé samedi "un coup d'Etat militaire" au Togo, après le décès du président Gnassingbé Eyadéma et l'annonce que les l'armée avait décidé de "confier" le pouvoir à un des fils du chef d'Etat défunt. "Ce qui est en cours au Togo, appelons les choses par leur nom, c'est une prise de pouvoir par l'armée, c'est un coup d'Etat militaire", a déclaré M. Konaré à Addis Abeba, où siège l'UA. "Il est clair que l'Union africaine ne peut pas souscrire à une prise de pouvoir par la force, il est donc important qu'on en revienne au respect des règles constitutionnelles", a-t-il ajouté. "L'article 65 de la Constitution togolaise est clair: +en cas de vacance de la présidence de la République par décès, mission ou empêchement définitif, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l'Assemblée nationale+", a-t-il souligné en lisant le texte. "Cet intérim doit s'exercer en attendant l'organisation d'élections que nous souhaitons régulières, transparentes, ouvertes et sans exclusive", a poursuivi M. Konaré. "Tous ceux qui veulent être président peuvent participer dans ce contexte à ces élections. Toute autre chose est contraire à l'esprit de la Constitution", a-t-il insisté. "C'est à Lomé qu'a été faite la déclaration de l'Union africaine condamnant la prise de pouvoir par la force", a-t-il conclu, en référence à l'Acte constitutif de la nouvelle organisation continentale, qui a succédé en 2002 à l'Organisation de l'union africaine (OUA). "L'Union africaine devra contribuer à l'ouverture du jeu politique", avait déclaré M. Konaré un peu plus tôt, avant d'apprendre que l'armée togolaise avait décidé de "confier" le pouvoir à un des fils du président Eyadéma. "Nous proposerons rapidement une rencontre des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et de l'Union africaine pour suivre l'évolution de la situation", avait-il ajouté. Le président de l'UA, le chef d'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, aurait décidé que cette réunion se tiendrait dimanche après-midi à Lomé, selon des informations officieuses au sein de l'UA à Addis Abeba.

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES
Décès du président togolais Eyadéma, l'armée "confie" le pouvoir à son fils (par Emile KOUTON)
Le président togolais Gnassingbé Eyadéma, 69 ans, est mort samedi, après un règne sans partage et controversé de 38 ans, alors qu'il était évacué du pays pour recevoir des soins, et l'armée a immédiatement annoncé qu'elle "confiait" le pouvoir à l'un de ses fils. Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a dénoncé dans cette mesure "un coup d'Etat militaire", demandant "qu'on en revienne au respect des règles constitutionnelles". Le Premier ministre Koffi Sama avait annoncé la mort du général Eyadéma à 19H00 (locales et GMT), lisant un communiqué à la radio nationale: "Le Togo vient d'être frappé par un grand malheur. Il s'agit d'une véritable catastrophe nationale. Le président n'est plus". Le général Eyadéma est décédé "alors qu'il était évacué d'urgence pour des soins à l'extérieur du pays", selon le texte, sans préciser vers quel pays. Moins de deux heures plus tard, le chef d'état-major des Forces armées togolaises (FAT), le général Zakari Nandja, intervenait à la télévision pour annoncer que l'armée décidait de "confier" le pouvoir à Faure Eyadéma, un des fils du président défunt, né en 1966 et ministre de l'Equipement et des Mines. La télévision a ensuite montré le chef d'état-major saluant Faure Eyadéma, et disant : "Nous déclarons vous servir loyalement à partir de cet instant". Les principaux officiers supérieurs des forces armées ont également été montrés lui faisant allégeance. La Constitution togolaise prévoit qu'"en cas de vacance de la présidence de la république par décès, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l'Assemblée nationale" et l'organisation d'une élection présidentielle "dans les soixante jours de l'ouverture de la vacance". "Le président de l'Assemblée étant absent du territoire national, et pour ne pas laisser perdurer cette situation, les FAT ont décidé de confier le pouvoir à Faure Eyadéma à partir de ce jour", a déclaré le général Nandja, affirmant que l'armée "se trouve devant l'évidence que la vacance du pouvoir est totale". Le président de l'Assemblée, Fambaré Natchaba Ouattara, est membre du parti présidentiel Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Selon l'opposition togolaise il se trouvait samedi soir dans un avion pour le Togo après une tournée en Europe. "Ce qui est en cours au Togo, appelons les choses par leur nom, c'est une prise de pouvoir par l'armée, c'est un coup d'Etat militaire", a déclaré M. Konaré à Addis Abeba, où siège l'UA. "Il est clair que l'Union africaine ne peut pas souscrire à une prise de pouvoir par la force, il est donc important qu'on en revienne au respect des règles constitutionnelles", a-t-il ajouté. Dans un communiqué publié avant l'annonce du chef d'état-major, le président français Jacques Chirac a de son côté exprimé sa "profonde tristesse" après le décès d'un "ami de la France (et) ami personnel". La situation était calme samedi soir dans la capitale Lomé, où aucun déploiement militaire n'était visible, alors que radio et télévision diffusaient en boucle des chants religieux. Le gouvernement avait ordonné le bouclage immédiat des "frontières terrestres, maritimes et aériennes", assurant que "le gouvernement, les forces armées et de sécurité veilleront à ce que l'ordre, la sécurité et la paix règnent sur toute l'étendue du territoire national". A Paris, le principal opposant togolais, Gilchrist Olympio, a déclaré qu'il souhaitait que la mort d'Eyadéma permette au Togo de "se mettre sur le chemin de la démocratie", appelant à "des élections transparentes et libres dans les deux, trois prochains mois". M. Olympio vit en exil à Paris depuis une tentative d'assassinat contre lui en 1992. Le général Eyadéma, selon lui, est "mort d'une crise cardiaque dans l'avion qui le transportait en Israël pour des soins". Gnassingbé Eyadéma, qui avait pris le pouvoir le 13 janvier 1967 par un coup de force, faisait partie du dernier carré des "dinosaures" politiques africains, à la stature imposante et apparemment inamovibles. Ancien officier de l'armée française, il dirigeait le Togo avec fermeté et son régime a été régulièrement accusé de violer les droits de l'Homme. Réélu en 1979, 1986, 1993 et 1998, il avait été cependant contraint, après des émeutes en mars 1990, d'ouvrir le dialogue avec l'opposition et d'accepter le multipartisme. En 2001, il avait assuré qu'il quitterait le pouvoir en 2003 conformément à la Constitution, avant de faire modifier cette dernière et de se faire réélire pour un troisième mandat en juin 2003. Il était né le 26 décembre 1935 à Pya (nord du pays) dans une modeste famille paysanne protestante de l'ethnie Kabyé. Il a été la cible d'au moins sept complots ou tentatives d'attentats, dont deux impliquant des mercenaires en 1977 et 1986.

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES / UE
Appel au calme de l'Union européenne après le décès du président togolais
Le commissaire européen au Développement et à l'action humanitaire, Louis Michel, a déploré samedi le décès du président togolais Gnassingbé Eyadéma et a appelé les dirigeants politiques du pays africain à agir avec calme et sérénité. Le représentant de l'Union européenne a appris avec "consternation" la mort du président Eyadéma, survenue samedi matin, a déclaré M. Michel dans un communiqué. "Compte tenu de la situation qui prévaut au Togo, (l'UE) appelle durant ces heures difficiles tous les responsables politiques à faire preuve de sérénité et les a invités à poursuivre le processus de dialogue déjà engagé", précise le communiqué

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES / UA
Obasanjo: pas de transition non-constitutionnelle au Togo
Le président nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union africaine (UA), a affirmé samedi que l'organisation "n'acceptera aucune transition non-constitutionnelle au Togo", après l'annonce que l'armée togolaise "confie" le pouvoir à un des fils du président Gnassingbé Eyadéma décédé. "Le président Obasanjo a affirmé que l'UA n'acceptera aucune transition non-constitutionnelle au Togo", a déclaré sa porte-parole Remi Oyo. "Le président Obasanjo a encouragé le peuple togolais à réclamer le respect de la Constitution nationale concernant le pouvoir intérimaire au Togo, qui aboutira à l'élection démocratique du président du Togo conformément à la Constitution", a poursuivi la porte-parole.

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES / ONU
Décès Eyadéma: Annan attristé, appelle à respecter la Constitution
Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a exprimé "sa profonde tristesse" à l'annonce du décès samedi du président togolais Gnassingbé Eyadéma et appelé les autorités à assurer une transition "dans le respect de la Constitution". "Le secrétaire général est certain que les autorités togolaises prendront toutes les mesures pour préserver la stabilité dans le pays et assurer une transition pacifique et conforme à la Constitution et à la légalité", selon un communiqué de son porte-parole, Fred Eckhard. M. Annan souligne qu'en près de 40 ans au pouvoir, le général Eyadéma "a apporté une contribution significative à la résolution pacifique de conflits en Afrique". 

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES / BENIN
Le président de l'Assemblée nationale togolaise dérouté au Bénin
Le président de l'Assemblée nationale du Togo, Fambaré Natchaba Ouattara, qui devait constitutionnellement assurer l'intérim après le décès du président togolais Gnassingbé Eyadéma, est arrivé samedi soir au Bénin à bord d'un vol d'Air France dérouté sur Cotonou. M. Ouattara est arrivé à l'aéroport de Cotonou à 22H00 locale (21h00 GMT) à bord d'un vol Air France à destination de Lomé détourné vers le Bénin après la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes du Togo suite au décès du général Eyadéma. Peu après l'annonce du décès du président Eyadéma, les Forces armées togolaises (FAT) ont "confié" le pouvoir à Faure Gnassingbé Eyadéma, un des fils du chef de l'Etat. La Constitution togolaise prévoit qu'en cas de vacance de la présidence de la République, le président de l'Assemblée nationale exerce l'intérim et qu'une élection présidentielle est organisée dans les soixante jours. M. Ouattara, membre du parti présidentiel Rassemblement du Peuple Togolais, a été accueilli à l'aéroport par le ministre de la Communication du Bénin, Frédéric Dohou, et par le président de l'Assemblée nationale du Bénin, Antoine Idji Kolawolé. Le responsable togolais a ensuite été installé dans un grand hôtel de la métropole béninoise. Les autres passagers du vol Air France étaient également bloqués à Cotonou en raison de la fermeture des frontières togolaises.

5 FÉVRIER 2005 -  TOGO / EYADEMA / DECES / UA / ONU
Succession Eyadéma: l'UA et l'Onu appellent au respect de la Constitution
L'Union africaine (UA) et l'Onu ont appelé les autorités togolaises à respecter la procédure de succession constitutionnelle, après le décès samedi du président Gnassingbé Eyadéma et l'annonce que l'armée avait décidé de "confier" le pouvoir à l'un des fils du chef d'Etat défunt. Ce qui est en cours au Togo, appelons les choses par leur nom, c'est une prise de pouvoir par l'armée, c'est un coup d'Etat militaire, a déclaré le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré. Il est clair que l'Union africaine ne peut pas souscrire à une prise de pouvoir par la force, il est donc important qu'on en revienne au respect des règles constitutionnelles, a-t-il indiqué à Addis Abeba, où siège l'organisation. Les Forces armées togolaises (FAT) ont décidé de "confier" le pouvoir à Faure Eyadéma, un des fils du président togolais défunt, a annoncé samedi soir à la télévision le chef d'état-major. La Constitution togolaise prévoit qu'en cas de vacance de la présidence de la république par décès, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l'Assemblée nationale et l'organisation d'une élection présidentielle dans les soixante jours de l'ouverture de la vacance. Le président de l'Assemblée, Fambaré Natchaba Ouattara, membre du parti présidentiel Rassemblement du peuple togolais (RPT), devait regagner le pays depuis Paris par un vol d'Air France qui a été dérouté sur le Bénin voisin, où il est arrivé samedi dans la soirée. Le président nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'UA, a lui aussi affirmé que l'organisation n'acceptera aucune transition non-constitutionnelle au Togo. Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, exprimant sa profonde tristesse à l'annonce du décès du président togolais, a également appelé les autorités à assurer une transition dans le respect de la Constitution. Dans un communiqué le président français Jacques Chirac a présenté ses condoléances à la famille de Gnassingbé Eyadéma, disant regretter la disparition d'un ami de la France qui était aussi un ami personnel. Le commissaire européen au Développement et à l'action humanitaire, Louis Michel, a quant à lui appelé les dirigeants politiques du pays à faire preuve de sérénité et à poursuivre le processus de dialogue déjà engagé. Le peuple togolais et ses dirigeants doivent avoir un sens élevé de leurs responsabilités, a estimé de son côté le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, l'ancien président sénégalais Abou Diouf. Le président ivoirien Laurent Gbagbo a rendu hommage samedi soir à la mémoire du président togolais défunt, voyant dans cette disparition une grande perte pour l'Afrique de l'Ouest et la Côte d'Ivoire. Le roi Mohammed VI du Maroc a adressé ses condoléances à M. Faure Eyadéma, à la suite du décès de son père, en qui le Maroc a perdu un grand ami. Le message royal est adressé à M. Faure Eyadéma, président de la république togolaise, a indiqué l'agence officielle Map.

6 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / CEDEAO
La CEDEAO "condamne fermement la prise du pouvoir par l'armée" au Togo
Le président de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), le chef de l'Etat nigérien Mamadou Tandja, a "condamné fermement la prise du pouvoir" samedi au Togo "par l'armée togolaise en violation des dispositions constitutionnelles" dans ce pays. "Le président en exercice constate avec une vive préoccupation la prise du pouvoir par les forces armées togolaises en violation des dispositions constitutionnelles", déclare la CEDEAO dans un communiqué. Dans ce communiqué, le président de la CEDEAO "condamne fermement cette prise du pouvoir anti-constitutionnelle" et "réaffirme l'attachement de la communauté" à ses principes qui s'opposent, notamment, aux "changements anti-constitutionnels de gouvernement en Afrique". M. Tandja "rappelle qu'aucun argument ne saurait justifier cette prise du pouvoir par la force et en appelle au sens de responsabilité des acteurs à la base de cette situation pour qu'ils procèdent à un rétablissement de l'ordre constitutionnel", poursuit le communiqué.

6 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / DEUIL
Décès d'Eyadéma: le gouvernement décrète un "deuil national" de deux mois
Le gouvernement togolais a officiellement décrété dimanche un "deuil national" de deux mois "sur toute l'étendue du territoire" togolais, à la suite de la mort, samedi, du président Gnassingbé Eyadéma, a indiqué un communiqué du gouvernement. "Le gouvernement décrète à compter de ce jour, 6 février 2005, un deuil national de deux mois, au cours desquels les drapeaux seront mis en berne sur toute l'étendue du territoire national". "La tragique disparition du président a plongé l'ensemble du peuple togolais dans l'angoisse et la tristesse", déclare le texte, signé du Premier ministre et chef du gouvernement, Koffi Sama. "En ce moment de grande douleur, les Togolais, du sud au nord, de l'est à l'ouest, doivent comme par le passé demeurer soudés afin de répondre aux aspirations de celui qui fut l'artisan de l'unité nationale, de la paix sociale et de la concorde dans notre pays", poursuit-il. "La nation toute entière, dans un élan de solidarité, doit honorer la mémoire de l'illustre disparu qui a consacré toute sa vie pour notre bonheur individuel et collectif", ajoute le communiqué. Le changement à la tête de l'Etat n'a suscité aucune réaction populaire ou collective à Lomé, où la situation est calme depuis samedi soir.

6 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DÉCÈS / EYADEMA / UA
L'UA n'acceptera aucun transfert de pouvoir anticonstitutionnel au Togo (Obasanjo)
L'Union africaine (UA) "n'acceptera aucun transfert anticonstitutionnel du pouvoir au Togo", a réaffirmé dimanche le président en exercice de l'organisme panafricain, le chef de l'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, au lendemain de la mort du président togolais Gnassingbe Eyadéma. L'UA "continuera d'œuvrer pour la démocratie en Afrique", a poursuivi M. Obasanjo dont une déclaration était lue dimanche matin par sa porte-parole, Remi Oyo. "L'UA souscrit aux seuls principes de la démocratie et le président Obasanjo s'est lui-même plié à ces principes", a ajouté la porte-parole. "Le président Obasanjo a encouragé le peuple togolais à réclamer le respect de la Constitution nationale concernant le pouvoir intérimaire au Togo, qui aboutira à l'élection démocratique du président du Togo conformément à la Constitution", avait indiqué samedi la porte-parole du président nigérian. D'autres chefs d'Etat africains et des organisations du continent se sont élevés contre la décision de l'armée de placer le fils d'Eyadema à la tête du pays.

6 FÉVRIER 2005 -  TOGO / DECES / EYADEMA / AFRIQUE DU SUD
Togo: l'Afrique du Sud appelle à "revenir aux dispositions constitutionnelles"
Le président sud-africain Thabo Mbeki a appelé dimanche le Togo à "revenir aux dispositions constitutionnelles qui gouvernent la succession du chef de l'Etat", au lendemain de la mort du président togolais Gnassingbè Eyadéma. "Le gouvernement sud-africain rejoint et fait sien l'appel de l'Union africaine aux autorités togolaises afin qu'elles reviennent aux dispositions constitutionnelles qui gouvernent la succession du chef de l'Etat", écrit M. Mbeki dans un communiqué. Thabo Mbeki adresse également ses condoléances au Togo en indiquant que "nos pensées et nos prières vont à la famille du président Eyadéma, au gouvernement et au peuple du Togo en cette période d'épreuve".

 


18:31 Écrit par K. Kpadja | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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