13/11/2005

LE MYTHE EYADEMA

 

LE MYTHE EYADEMA

 

Selon Eyadema, son prédécesseur Nicolas Grunitzky ayant conduit le pays au bord de la guerre civile, son arrivée au pouvoir par la force doit être considérée comme une bénédiction pour le Togo. Bénédiction qui est entretenue à chaque discours et grands renforts de panneaux publicitaires bordant les principales routes du pays.

 

Eyadema a échappé à sept complots ou simulacres de complot, il garde comme une relique un petit bloc note où s’est fichée une balle qui lui était destinée. En 1973 il a échappé à un accident d’avion à Sarakawa (lieu de pèlerinage depuis ), accident qu’il a attribué à un attentat orchestré par l’impérialisme international et la haute finance (minière), en fait accident dû à une surcharge de victuailles de l’appareil pour prolonger les traditionnelles festivités du 13 janvier au village du Président.

 

 

Fort de ce passé de miraculé, Eyadema assoit son pouvoir sur un système politique meta-religieux, mais surtout sur les forces armées qui, fortes de 15000 hommes (essentiellement issus du Nord ) pour une population de 4 millions d’habitants, lui sont entièrement dévouées.

 

C’est sur les bases du racisme Nord-Sud, « les vrais Togolais, les Togolais de souche, les Togolais authentiques » opposés aux « faux Togolais, apatrides, traîtres, etc. ... » que le Général Eyadema a mis en place une « ethnogeopolitique » centrée sur son ethnie.

 

Le résultat est la nomination a tous les postes clé du pouvoir des hommes du Nord. Ce système associé à la censure de la presse, Reporter Sans Frontière classe le Togo au 95ème rang sur 166 pays la liberté de la presse au Togo et rapporte qu’en moins de quatre ans 100000 exemplaires de journaux d’opposition furent saisis , assurent au Général Eyadema un pouvoir sans faille .

 

En 2001 le pays est exsangue avec des taux de croissance négatifs (près de – 2% en 2000 par exemple ) alors que l’inflation atteint officiellement 2,9% en 2001 et que le produit intérieur brut est en baisse constante. Il faut noter cependant que les initiatives économiques semblent favoriser un léger redressement.

 

 

 

Le port de Lomé complètement désaffecté depuis les évènements de 1992 est redevenu grâce à sa modernisation un des plus opérationnel de la région subtropicale. La création de la zone franche qui attire les investisseurs asiatiques a créé 7000 emplois. Après une période de net ralentissement lié à la crise politique, le secteur des phosphates a retrouvé des conditions normales d’exploitation.

 

Rempart de stabilité face à des « opposants irresponsables » pour les uns, « dinosaure d’une Afrique de dictateurs  » pour les autres, Gnassingbé Eyadema, l’homme aux éternelles lunettes noires, doyen des chefs d’états africains en 2004, 67 ans dont 37 au pouvoir, a prêté serment pour un troisième quinquennat.

 

  

 

 

 

  

 

 



19:44 Écrit par K. Kpadja | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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